D’où vient le terme Fransaskois et Fransaskoise qui désignent les francophones de la Saskatchewan ?
En 1912, l’Association Franco-Canadienne de la Saskatchewan est créée, l’organisme a pour mission d’unir, de protéger, de promouvoir les intérêts et de défendre les droits des franco-catholiques. L’organisme répondait également à un besoin de cohésion des francophones à l’échelle provinciale car l’amélioration des moyens de transport et de communication contribuèrent à l’affaiblissement des particularités linguistiques et culturelles. Unir les différents groupes franco-catholiques devenait donc une nécessité et l’élite franco-saskatchewannaise y a beaucoup contribué.
Les fondateurs de l’ACFC tenaient à inclure tous les franco-catholiques de la Saskatchewan. C’est pourquoi ils ont utilisé le terme Franco-Canadien pour désigner la population française de la Saskatchewan. Ils tentèrent de populariser le terme auprès de leurs compatriotes.
Dans les années 1960, le développement identitaire franco-saskatchewannais franchissait une nouvelle étape. L’affirmation du nationalisme québécois réduisait au territoire du Québec les enjeux nationaux des Canadiens-français. La croissance de l’État-providence fit également en sorte que les francophones de l’Ouest, de l’Ontario et des Maritimes apprirent à discuter et à négocier avec leur État provincial anglophone.
La fragmentation de l’identité canadienne-française était donc entamée et elle mena à la valorisation d’une identité fondée sur l’utilisation du français et l’appartenance au territoire provincial. De nouveaux noms désignèrent donc des francophones : les Franco-Ontariens, les Franco-Manitobains, etc.
Dans les années 1970 toutefois, la culture anglophone dominant, le taux d’assimilation des francophones de la Saskatchewan atteignait les 50 %. Au même moment, dans la mouvance du multiculturalisme, on tentait de reconnaître les minorités culturelles. Les franco-saskatchewannais refusaient d’être réduits à une simple composante de la mosaïque multiculturelle de la province.
La quête d’un nouveau nom capable d’exprimer l’identité des francophones de la Saskatchewan venait de commencer. Fransaskois vint remplacer Franco-Canadiens de la Saskatchewan, jugé trop long et moins percutant. On expliqua alors que les Fransaskois sont descendants des Québécois, des Français, des Belges et des Franco-Américains qui sont venus s’établir en Saskatchewan.
Il faut attendre la fin des années 1970 pour que les Franco-Saskatchewannais commencent à s’identifier au terme Fransaskois. C’est surtout le mouvement jeunesse, représenté par l’Association jeunesse fransaskoise qui assura la diffusion du terme auprès des francophones de la Saskatchewan et tenta de faire comprendre que le terme n’était pas une coquille vide mais la synthèse d’une identité commune.
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Le terme fransaskois est devenu de plus en plus populaire, plusieurs organismes l’ont d’ailleurs intégré à leur nom. Aujourd’hui, l’éducation est fransaskoise, la communauté est fransaskoise et la désignation Fransaskois est également reconnue de la majorité anglophone. En 1999, lors des états généraux, l’Association Culturelle Franco-Canadienne devenait également l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF).
Le terme Fransaskois évolue
En 2006, le nouveau visage de la francophonie saskatchewannaise émergeant, l’ACF met sur pied, avec l’Institut français de l’Université de Regina, la Commission sur l’inclusion de la communauté fransaskoise. Le tout visait à répondre à la problématique du renouvellement démographique et à explorer comment renforcer et créer une communauté vibrante et fière qui affronte le 21e siècle confiante dans son avenir.
Les 26 recommandations du rapport intitulé De la minorité à la citoyenneté témoignent de l’importance de l’«autre», de son insertion dans la communauté et également de la nécessité de conserver son identité.
Une des questions soulevées par la Commission visait à définir un Fransaskois :
Qu’est-ce qu’un Fransaskois ou une Fransaskoise; et un ou une francophone de la Saskatchewan ? Doit-on faire une distinction entre les « fransaskois nés en Saskatchewan et les « autres » et, si oui, pourquoi ?
Suite aux consultations et appels de mémoires, il en est ressorti la définition suivante :
Un Fransaskois ou une Fransaskoise est une personne qui s’identifie à la francophonie en Saskatchewan, actuellement ou dans le passé, que ce soit par la naissance, par le mariage, ou par adoption ou par identification à la communauté fransaskoise, qui contribue à la vitalité de la langue française ainsi qu'à l’épanouissement et au développement des communautés francophones en Saskatchewan, tout en reconnaissant qu’il existe plusieurs façons d’y contribuer.
Rapport de la Commission sur l’inclusion de la communauté fransaskoise
Sources
Frédéric Roussel-Beaulieu,
«À la recherche d’une identité fransaskoise», Revue historique,
Décembre 2005, Volume 16, numéro 2
www.societehisto.com
Commission sur l’inclusion de la communauté fransaskoise
www.fransaskois.sk.ca
Le tout premier drapeau francophone de l’Ouest canadien
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En 1978, l’Association jeunesse fransaskoise, en collaboration avec l’ACFC lançait un concours afin de donner aux Franco-Saskatchewannais un nouveau symbole, le drapeau fransaskois. On cherchait alors un drapeau unificateur et distinctif.
Le drapeau fransaskois fut dévoilé le 5 mai 1979 et fut le premier drapeau francophone de l’Ouest canadien. En 2005, lors du centenaire de la Saskatchewan, le gouvernement provincial reconnu officiellement le drapeau comme emblème de la province.
Le drapeau arbore trois couleurs. Un fond jaune symbolise les champs de blé de la Saskatchewan, l'agriculture étant le moteur économique de la province. La plupart des franco-canadiens venus en Saskatchewan se sont installés sur les terres lors de leurs arrivées au début du siècle.
La croix verte représente par sa couleur, la grande forêt boréale du nord de la province. Le symbole de la croix rappelle le rôle prépondérant de l'église catholique et l'importance des missionnaires colonisateurs lors du peuplement de la province.
Le rouge vif de la fleur de lys rend hommage à la fierté et au courage des Fransaskoises et des Fransaskois qui luttent inlassablement pour leur langue, leur culture, et leurs droits. Cette fleur de lys représente la francophonie et le fait français en reprenant la forme que Louis Riel avait placée sur le drapeau provisoire lors des rébellions métisses dans l'Ouest canadien.
Une nouvelle francophonie
> Les francophiles comptent pour près de 3 % de la population de la Saskatchewan.
> En combinant les Fransaskois et les « francophiles » il y a plus de 49 000 personnes pouvant parler le français en Saskatchewan.
> Après les « parlants français », l’immigration internationale ou interprovinciale représente la seconde source de renouvellement des francophones hors Québec.
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