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Éducation
Une brève histoire de l'éducation en français à l'Î.-P.-É.

Les débuts

La première école acadienne à l'Île-du-Prince-Édouard a été établie à Rustico en 1815. Durant la première moitié du 20e siècle, les écoles acadiennes d'expression française étaient présentes dans toute la province. À une certaine période de leur histoire, les Acadiens et Acadiennes disposaient d'une soixantaine d'écoles. Durant les années 1950, 1960 et 1970, la consolidation du système scolaire a entraîné une diminution du nombre d'établissements scolaires anglophones et francophones. Vers la fin des années 1970, l'école Évangéline était la seule école de langue française à l'Île-du-Prince-Édouard.

Il a fallu attendre en 1980 pour voir une autre école française ouvrir ses portes à Charlottetown. Il s'agissait de l'école française de l’Unité 3 qui a accueilli ses premiers cinq élèves dans les locaux de l’église Spring Park. En 1983, l’école a reçu le nom de l’école François-Buote en l’honneur du premier instituteur acadien de l’Île. Au mois de septembre 1991, l’école aménageait dans les locaux du tout nouvel édifice du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean et accueillait 150 élèves.

Un long processus entamé

Une victoire historique

En 1995, l’éducation en français pour tous les Acadiens, Acadiennes et les francophones insulaires était encore un défi de taille. L’éducation en français est la pierre angulaire d’une communauté vivante et en plein développement.  La communauté l’avait compris depuis longtemps mais il a fallu convaincre les décideurs de ce droit fondamental.  Pourtant, ce droit est clairement indiqué à l’article 41 de la Loi sur les langues officielles :

« Le gouvernement fédéral s’engage à favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada et à appuyer leur développement, ainsi qu’à promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. »

En 1995, le comité de parents de Summerside-Miscouche demande au ministère de l’Éducation de rétablir les classes françaises à Summerside pour les élèves de la 1re à la 6e année.  Devant le refus de procéder, les parents de Summerside, représentés par Mmes Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas, ont décidé de se rendre en Cour provinciale pour faire valoir l’engagement du gouvernement canadien envers les minorités linguistiques.  Le 8 janvier 1997, le juge Armand DesRoches a rendu un jugement favorable à leur demande mais, un mois plus tard, la province portait le jugement en appel.  La cause n’était pas gagnée mais elle n’était pas perdue! 

Le 4 novembre 1999, Mmes Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas se retrouvaient devant le plus haut tribunal au pays,  la Cour suprême du Canada.  Après une autre lutte judiciaire, les parents de Summerside  ont finalement obtenu gain de cause et  une grande victoire non seulement pour leur région mais aussi pour tous les Acadiens, Acadiennes et les francophones de l’Île voire même ceux de tout le pays : le droit d’être éduqués dans sa langue maternelle.  En effet, le 13 janvier 2000, la Cour suprême du Canada statuait le droit à l’éducation en français pour tous les ayants droit de la province.  En effet, le message de la Cour suprême du Canada aux gouvernements provinciaux et territoriaux était clair :  une communauté minoritaire ne peut se développer sans son école.  L’école, est, par sa présence physique, au cœur de la vitalité d’une communauté.  Elle représente un outil contre l’assimilation, favorise le développement social et culturel de l’individu et est un symbole de la vitalité de la communauté locale.  Le rôle social de l’école est aussi non négligeable, puisque, en plus de donner un lieu de rassemblement pour les enfants et les parents, elle leur permet de développer un sentiment d’appartenance à la communauté.

L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés déclarant que les parents considérés comme « ayants droit » avaient le droit de faire instruire leurs enfants dans la langue officielle minoritaire là où le nombre le justifie, était maintenant renforcé par le jugement de la Cour suprême et ouvrait la porte à l’éducation en français, langue première à ceux et celles qui en furent privés durant plusieurs décennies.

Les écoles de langue française se multiplient

La Commission scolaire de langue française de l’Île-du-Prince-Édouard est une collectivité acadienne et francophone qui offre à ses élèves une éducation de qualité dans un environnement accueillant et sécuritaire et qui oeuvre à la promotion et à l'épanouissement de sa langue et de sa culture.

L’arrêt historique de la  Cour suprême du Canada en janvier 2000 qui accordait aux parents de Summerside le droit d’instruire leurs enfants en français langue première dans leur communauté, est venu renforcer et même augmenter les responsabilités de la Commission scolaire de langue française.

En septembre 2000, la Commission scolaire de langue française est passée à l’action et a procédé à l’ouverture de trois écoles francophones en dépit d’installations temporaires. Il s’agit de l’école française de Summerside, l’école St-Augustin à Rustico et l’école française de Prince-Ouest.   À Summerside, l’école française a pris le nom de l’École-sur-Mer et a accueilli, le 4 février 2002, ses premiers élèves de la 1re à la 6e année.

En septembre 2003, l’école française de Kings-Est a commencé ses activités avec une classe multi-âges de la 1re à la 3e année.  L’école accueille des élèves de la 1re à la 6e année.   À la fin juin 2005, l’école prend le nom de l’école La-Belle-Cloche et accueillera, dans les prochaines années, des élèves de la 1re à la 12e année.

Le Centre Acadien de Prince-Ouest, lieu habitant l’école française de cette région, fut construit en 2006.  L’école a ouvert ses portes au nouveau lieu en janvier 2007.

Des études postsecondaires à la fine pointe de la technologie

La Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, incorporée en 1992, a instauré un centre provincial de formation pour adultes en 1994, à Wellington au moyen de la programmation du Collège de l’Acadie.  Le centre de formation provincial répondait ainsi aux besoins de formation et de main-d’œuvre pour la population adulte acadienne et francophone de la région Évangéline et des autres régions avoisinantes.

Très innovatrice, la Société éducative amorçait également un virage technologique audacieux en créant une société axée sur le savoir par le projet de la Télécommunauté insulaire francophone utilisant l’éducation à distance, le réseautage, les partenaires et la haute technologie de l’information.  L’utilisation de ces technologies, conjuguée à des programmes de formation de qualité répondant aux besoins du marché du travail, a permis de rejoindre un plus grand nombre d’apprenants adultes francophones répartis dans toutes les régions de la province.

En 2002, la Société éducative s’affiliait à l’Université Sainte-Anne de la Nouvelle-Écosse rendant ainsi la formation universitaire en français plus présente que jamais pour la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

En 1980, le gouvernement provincial accordait l’instruction en français si les francophones réussissaient à obtenir 25 inscriptions sur trois niveaux consécutifs. Au mois de février 1982, un comité de parents de Summerside et de Miscouche avait réuni 18 inscriptions pour la première année et demandait au gouvernement d’établir une classe dans leur région, ce qui leur a été refusé. Le comité de parents, avec Mme Florence Hardy à la tête, a décidé de poursuivre les autorités scolaires en cour en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Au mois de février 1987, le « cas Hardy » est présenté en Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard. Au mois de mars 1998, le jugement est rendu : Les Acadiens, Acadiennes et les francophones obtiennent gain de cause. Au mois de mai 1988, la province a modifié l’article 50 de la loi scolaire qui faisait référence au droit à l’instruction en français et a accordé ainsi aux francophones le droit à la gestion scolaire.

Le 1er juillet 1990, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard reconnaissait officiellement à la Commission scolaire de langue française la responsabilité de gérer et de promouvoir l'éducation en français d’un bout à l’autre de la province.

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Un brin d’histoire

La première école acadienne à l'Île-du-Prince-Édouard a été établie à Rustico en 1815. Durant la première moitié du 20e siècle, les écoles acadiennes d'expression française étaient présentes dans toute la province. À une certaine période de leur histoire, les Acadiens et Acadiennes disposaient d'une soixantaine d'écoles. Durant les années 1950, 1960 et 1970, la consolidation du système scolaire a entraîné une diminution du nombre d'établissements scolaires anglophones et francophones. Vers la fin des années 1970, l'école Évangéline était la seule école de langue française à l'Île-du-Prince-Édouard.


Entretiens
Entretien avec Léonce Bernard

Ministre provincial dans le cabinet libéral au cours des années '80, Léonce Bernard a été lieutenant-gouverneur de la province de 2001 à 2006.
Entretien avec Maria Bernard

Ancienne présidente de la Société Saint-Thomas-d'Aquin de 2000 à 2004, Maria Bernard a reçu, en 2002, le Prix Égalité remis par le PEI Advisory Council on the Status of Women. Sa formation en service social et son implication communautaire en faveur des Acadiens de l’Île en font une figure très respectée de la collectivité. Madame Bernard a également été membre du CA de l’Institute of Island Studies.
Dernière mise à jour: 09/27/2007
Saskatchewan - 2010