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| Les ruées vers l'or |
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Les choses en sont restées là jusqu'en 1857, avec la rumeur de la découverte d'or dans les sables aurifères du fleuve Fraser. La ruée vers l'or de 1849 avait transformé la Californie, récemment passée de l'Espagne aux États-Unis. C'était le tour de la Colombie-Britannique Les premiers colons à se rendre au nord, à Victoria, au printemps 1858 étaient presque tous des mineurs et des marchands expérimentés. La nouvelle se répandant, d'autres personnes arrivaient de plus loin, des États-Unis, de la Grande-Bretagne ou de la Chine. Ce furent 30 000 arrivants, selon certaines estimations, qui s'installèrent en 1858, suivis de milliers d'autres au cours des six années suivantes. La plupart de ces hommes - il y avait très peu de femmes - repartirent presque aussitôt, du fait des insurmontables difficultés pour atteindre les terrains aurifères. De nouvelles découvertes au nord du fleuve Fraser débouchèrent sur le plateau du Cariboo, ce qui compliquait davantage les déplacements. Les premières pistes, qui suivaient essentiellement les voies d'eau, étaient remplacées en 1865 par la voie ferrée du Cariboo qui se rendait au nord à la ville-champignon Barkerville. La ruée vers l'or appelait impérativement une organisation du pouvoir. Les délais de communication avec la Grande-Bretagne obligèrent James Douglas à agir surtout de son propre chef afin d'assurer le contrôle des terrains aurifères. La métropole confirma ses initiatives et, le 2 août 1858, créa, avec le territoire continental, la colonie séparée de la Colombie-Britannique, selon le choix personnel de la Reine Victoria. James Douglas se voyait conférer la tâche supplémentaire de gouverner la colonie continentale, à condition toutefois qu'il coupât ses liens avec la Compagnie de la Baie d'Hudson. La Grande-Bretagne dépêcha ses ingénieurs royaux afin de mettre sur pied une infrastructure de base et choisit, pour des raisons stratégiques, New Westminster comme capitale, sur la rive nord du fleuve Fraser. L'île de Vancouver devenait une colonie britannique à part entière le 30 mai 1859, à l'expiration de la concession de la CBH. Les frontières actuelles de la Colombie-Britannique étaient fixées en 1863 pour l'essentiel alors que, suite à la ruée vers l'or à l'extrême nord, la métropole confirmait la souveraineté du territoire continental jusqu'au 60e parallèle et, à l'est, jusqu'au 120e méridien.
Les deux colonies, à l'instar d'autres possessions britanniques autour du globe, étaient gouvernées par des hommes nommés ou élus. Il y avait dès 1856 une assemblée législative avec sept membres élus sur l'île de Vancouver, de même qu'un conseil nommé chargé d'approuver les lois promulguées. La Colombie-Britannique n'avait pas de corps législatif au départ car la métropole se méfiait sans doute d'une population minière, en grande partie instable. La colonie continentale s'était vu accorder un conseil législatif en 1863, censé compter progressivement plus de membres élus que nommés. Les quelques personnes aptes à participer à la vie politique devaient être de sexe masculin, sujets britanniques et propriétaires fonciers; cette minorité était divisée à plusieurs titres. Les nouveaux arrivants, en provenance surtout de l'Amérique du Nord britannique s'indignaient des privilèges dont jouissaient les cadres supérieurs associés à la CBH, qui voyaient leur position confortée de surcroît par l'arrivée, en provenance de la métropole, d'un personnel destiné à travailler dans l'administration coloniale. On accusa James Douglas de favoriser leurs intérêts, de même que ceux de l'île de Vancouver au détriment du continent. Les deux protagonistes étaient le Néo-Écossais Amor de Cosmos, à Victoria, et l'Ontarien John Robson, à New Westminster. Les deux publiaient chacun un journal dans lequel ils défendaient leur point de vue.
James Douglas prit sa retraite en 1864 pour être remplacé par deux gouverneurs, puis un seul lors du regroupement des deux colonies dans la colonie unie de la Colombie-Britannique en 1866. L'essoufflement de la ruée vers l'or signifia une diminution de revenus pour le gouvernement, et la construction de la voie ferrée du Cariboo généra une dette importante. Victoria devint la nouvelle capitale mais son assemblée législative élue fut remplacée par le conseil législatif du continent, nommé pour l'essentiel. Le statut futur de la Colombie-Britannique ne faisait pas l'unanimité : les groupes alliés de la métropole au sein de la population se satisfaisaient du statu quo alors que les nouveaux arrivants de l'Amérique du Nord britannique prônaient une adhésion au nouveau Dominion du Canada, créé en 1867. L'absence d'un gouvernement représentatif et responsable était inadmissible. Certains songèrent même à faire partie des États-Unis, au sud, mais les rapports avec cette nation sûre d'elle-même n'avaient jamais été faciles. Un désaccord, survenu en 1859, sur la fixation du « bras de mer principal » qui séparait l'île de Vancouver des États-Unis, avait effectivement débouché sur un affrontement sur l'île de San Juan, appelé la Guerre des cochons (Pig War). Un arbitrage subséquent accorda l'île aux Américains. Certains crurent presque inévitable que, suite à l'acquisition en 1867 de l'Alaska par ce même pays, la colonie britannique serait la prochaine proie. John Sebastian Helmcken, politicien en vue, rapporta ultérieurement la façon dont les Américains locaux « se vantaient d'avoir pris la Colombie-Britannique en étau et de pouvoir la gober n'importe quand!!! » Des marchands de Victoria, favorables à cette évolution, firent circuler deux pétitions réclamant l'annexion et les envoyèrent au Congrès américain qui les examina brièvement. C'est sans doute la présence de la base navale royale d'Esquimalt qui aura décidé la Grande-Bretagne à ne pas brader une possession lointaine et gênante. |
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Ce texte est une traduction de l'article de Jean Barman publié dans l'Encyclopedia of British Columbia.
Traduction par Jean-Philippe Trottier. Reproduction autorisée par l'éditeur. |
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