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L'entrée dans la Confédération canadienne
Préférant plutôt l'intégrer au Canada, elle nomma un gouverneur en 1869, Anthony Musgrave, chargé de réaliser ce projet. Il fallait convaincre les quelques politiciens locaux mais la demande formelle d'entrée dans la Confédération que le gouverneur obtint, à force de persuasion, du conseil législatif en avril 1870, était si audacieuse qu'elle ne pouvait manquer d'être rejetée. Mais ce sont des événements extérieurs qui en décidèrent autrement. La métropole avait déjà prévu que le vaste territoire compris entre la Colombie-Britannique et l'Ontario, dont la CBH assurait plus ou moins le contrôle, serait intégré au nouveau Dominion. Le contrôle canadien de la traite de la fourrure dans la colonie de Red Deer, ou Manitoba en 1870, ne tarda pas à être disputé par les métis sous la direction de Louis Riel. Les conditions exagérées de la proposition devinrent du coup raisonnables et l'on accepta donc la construction d'une voie ferrée, le transfert de l'importante dette locale au Canada et un décompte démographique élargi aux fins des futures subventions par habitant. Au lieu de la voie ferrée, on projeta un véritable chemin de fer, a compléter en moins de dix ans, afin de mieux contrôler les prairies et satisfaire la Colombie-Britannique qui, n'ayant plus le choix que d'accepter ces conditions, intégra la Confédération le 20 juillet 1871; l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, créant le Canada en 1867 et le dotant d'un gouvernement central fort, s'appliqua à la nouvelle province. Les provinces ne s'occupaient que de questions d'intérêt local (santé, éducation, maintien de la loi et de l'ordre, développement des infrastructures physiques ainsi que gestion et vente des terres publiques de la Couronne, notamment). La province avait trois sénateurs et six députés, des effectifs réduits par la suite du fait de la distance tant réelle que psychologique qui la séparait alors et plus tard d'Ottawa, capitale du pays. Les représentants de la Colombie-Britannique ne se firent pas remarquer au niveau fédéral ou dans l'opinion publique nationale, en règle générale. Des élections fédérales et provinciales (pour les 25 députés du parlement local) furent organisées peu après l'adhésion à la Confédération. Le gouverneur général, qui représentait la Couronne britannique, nomma un lieutenant-gouverneur britanno-colombien chargé de demander à un des députés provinciaux de devenir premier ministre et de former un gouvernement. L'idée d'un gouvernement responsable devint une réalité, suite à la démission du premier premier ministre, John Foster McCreight qui avait essuyé une motion de défiance votée par l'assemblée. Il fut remplacé par Amor de Cosmos, militant politique de longue date, auquel succéda une série d'hommes qui dirigeaient des coalitions ad hoc vagues et variables, les partis n'existant pas encore. La représentativité du parlement rétrécit en 1874 avec le retrait du droit de vote des Chinois et des autochtones, mais s'élargit, au profit uniquement des sujets britanniques de sexe masculin, avec l'abandon de l'exigence de propriété foncière aux fins de ce même droit. Ce gouvernement se montrait globalement passif, se limitant au favoritisme et à la défense de l'exploitation des ressources. Pour les services sociaux, le parlement se borna à adopter, en 1872, un système scolaire primaire gratuit et non confessionnel.

La facilité relative avec laquelle les instances politiques assumaient une responsabilité et une représentativité selon les critères énumérés précédemment voilait la réalité démographique et économique de la province. Il n'y avait que 8 000 Blancs pour 25 000 autochtones, 1 500 Chinois et 500 Noirs. Trois adultes non autochtones sur quatre étaient des hommes, du fait de la ruée vers l'or. Les nouveaux arrivants s'établissaient sur des terres octroyées mais beaucoup ne tardèrent pas à se rendre compte qu'il fallait occuper plusieurs métiers pour survivre, notamment l'exploitation de l'or, du charbon et, à l'occasion, du bois. Mais de nombreux autres attendaient une prospérité liée au chemin de fer. Ce sont probablement les peuples autochtones qui souffrirent le plus de l'adhésion à la Confédération. Le gouverneur Douglas avait expressément interdit l'acquisition par préemption de terres autochtones mais, dans les faits, la ruée vers l'or chamboula cette situation. De nombreuses maladies d'origine européenne, notamment l'épidémie dévastatrice de petite vérole en 1862-63, décimèrent la population, confirmant, aux yeux des colons, la théorie sociale darwinienne de la « survie des plus forts » et la disparition inéluctable des indigènes. L'Acte de l'Amérique du Nord britannique transféra la responsabilité des affaires autochtones au gouvernement fédéral lors de l'adhésion de la Colombie-Britannique. Les autochtones devaient être traités aussi généreusement qu'avant l'union mais, dans les faits, ce sont les intérêts des nouveaux arrivants qui l'emportèrent et ceux-là se virent confinés de plus en plus dans des réserves étroites et éloignées; on n'envisagea même plus de signer de traités. La seule exception fut le Traité no 8, une des nombreuses ententes concernant les prairies conclues par le gouvernement fédéral, signée en 1899 et couvrant le nord-est de la province.
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Ce texte est une traduction de l'article de Jean Barman publié dans l'Encyclopedia of British Columbia.

Traduction par Jean-Philippe Trottier. Reproduction autorisée par l'éditeur.

Dernière mise à jour: 09/27/2007
Communautés francophones de la Colombie-Britannique - 2012