AccueilL'encyclopédieRéalisationPartenairesContact
Communautés
Communauté francophone
Histoire
Des premières nations au Traité de Washington
Les ruées vers l'or
L'aventure du chemin de fer
L'entrée dans la Confédération
Essor démographique et économique
1914-1945
De 1945 à aujourd'hui
Arts et culture
Emily Carr
Bill Reid
Contre-culture
Adbusters
Greenpeace
Écologie
David Suzuki
Entretiens
Contre-culture
Greenpeace ou le pacifisme vert (1970-1977)

Équipage du Greenpeace. Photo: © Greenpeace-Keziere

Du comité Don't Make a Wave à Greenpeace Foundation : Amichitka.

Greenpeace voit le jour dans un contexte international marqué par la Guerre froide. Les États-Unis ne parviennent pas à se dégager d'une meurtrière guerre du Vietnam qui suscite de plus en plus de critiques autant auprès de l'opinion publique américaine que de l'opinion publique internationale. Parallèlement, les années 60 sont les années de la course à l'armement à laquelle se livrent les États-Unis et l'URSS. C'est dans ce cadre que, depuis 1965, les États-Unis mènent des essais nucléaires souterrains sur l'île d'Amichitka, à l'extrême Ouest de l'Alaska. Deux essais en 1965 et en 1969 ont déjà causé de graves répercussions sur l'environnement. En 1969, les États-Unis prévoient de tester un nouveau modèle de bombe atomique d'une puissance de 5.2 mégatonnes en octobre 1971, cette fois, en plein air.

Corélativement, ces années sont également celles de la naissance de la contre-culture en Amérique du Nord. Cette contre-culture va se manifester notamment par l'émergence de mouvements contestataires qui vont largement affecter un Canada qui se démarque petit à petit de son voisin. Le 2 octobre 1969, le jour du second essai nucléaire américain, 10 000 manifestants avaient bloqué les principaux postes de frontière entre le Canada et les États-Unis. C'est la première fois que la frontière entre les États-Unis et le Canada est fermée depuis la guerre britanno-américaine de 1812. En 1970, un groupe engagé de Vancouverois, résolu à donner une continuité de ce mouvement, forme le Don't Make a Wave Committee pour tenter de stopper les essais nucléaires menés par les Américains. Les fondateurs du comité sont Jim Bohlen et Irvin Stowe, deux Américains expatriés, actifs dans le Sierra Club, un groupe de conservation américain, et Paul Cote, un étudiant en droit. Irving et Bohlen sont également influencés par la religion quaker, dont les membres croient en une forme de protestation connue sous le nom de bearing witness— un genre de résistance passive impliquant d'aller sur les lieux d'activités répréhensibles et de faire acte d'opposition par le simple fait d'être présent. Il s'agit pour eux de faire réagir l'opinion publique américaine. La seule manière de lutter efficacement contre les essais est de se rendre en Alaska pour tenter d'empêcher un nouvel essai.

Le 15 septembre 1971, le Phyllis Cormack, rebaptisé Greenpeace, met le cap sur Amchitka avec 12 membres du Comité à son bord, pour une expédition qui va devenir le mythe fondateur du mouvement. Le Premier ministre Trudeau envoie un message souhaitant bonne chance à l'équipage. Le bateau fera tout d'abord une courte escale sur l'île de Cormorant dans Alert Bay dans un village indien Kwaliutl, pour recevoir une bénédiction spéciale et un don de saumon. Les membres sont alors invités à s'arrêter sur le voyage de retour pour que leurs noms soient gravés sur leur totem. Parallèlement, l'un des membres de l'équipage, Robert Hunter, journaliste au Vancouver Sun, avait emporté avec lui un petit ouvrage sur les légendes et les mythes indiens, Warriors of the Rainbow: the Strange and Prophetic Dreams of the Indian Peoples de William Willoya et Vinson Brown. Ce livre sera une forte source d'inspiration pour les membres de l'équipage tout au long de leur périple. Alors que le bateau se rapproche du site d'essais, l'équipage apprend que l'essai est reporté. Le Greenpeace fait alors escale dans le port d'Akutan dans les îles aléoutiennes pour se ravitailler et réviser leur stratégie. L'équipage met également à profit ce temps d'immobilisation pour entreprendre une ascension symbolique du mont Akutan, au sommet duquel on construit un symbole de la paix et de l'écologie avec des pierres. Le bateau repart le 30 septembre mais il est arrêté par les gardes-côtes américains du Confidence et dérouté vers Sand Point, malgré la sympathie d'une partie de l'équipage américain. Après avoir payé une caution, la nourriture et le moral s'épuisant, le bateau remet le cap sur Vancouver le 12 octobre. L'équipage s'arrêtera dans le village de Alert Bay où la tribu Nimpkish les attend pour faire d'eux des frères Kwakiutl, affirmant que leur mission les a élevés au rang d'egolessness. Puis reparti de nouveau, le navire croise au large de Campbell River, Greenpeace Too, un nouveau bateau de 28 militants affrêté pour relayer le premier, et sur lequel embarquent quatre membres du premier équipage. Mais les tempêtes d'automne dans le Golfe de l'Alaska freinent Greenpeace Too. Celui-ci n'aura atteint que Sand Point, à quelque 700 miles de l'île d'Amchitka, lorsque la bombe explose le 6 novembre 1971.


De Vancouver à Amsterdam : l'internationalisation de Greenpeace
Malgré l'échec de l'expédition, l'affaire a fait grand bruit et l'action de Greenpeacea entraîné avec elle protestations publiques, manifestations, grèves et boycotts. Après quatre mois de silence, le gouvernement américain annonce la fin des essais nucléaires sur l'île d'Amchitka. Quelques mois plus tard, Nixon ratifie à Oslo les accords de SALT I sur la prolifération des armes nucléaires. Greenpeace ne va pas pour autant en rester là et entend dorénavant combattre toutes formes de destruction de la vie. Le Comité est alors rebaptisé Greenpeace Foundation, dont l'existence est légalement reconnue dans le cadre du B.C. Society Act. Greenpeace Fondation va alors poursuivre son action contre les essais nucléaires et trouve une nouvelle victime en la personne du gouvernement français qui continue de poursuivre ses essais nucléaires dans le Pacifique Sud, sur l'atoll de Mururoa. Deux campagnes se succèderont en 1972 et 1973, depuis la Nouvelle-Zélande, grâce à la mobilisation du néo-zélandais David Taggart, ex-athlète et businessman.

Puis, le groupe va se tourner également vers la protection des espèces en voie de disparition. Au début, la faction anti-nucléaire à l'intérieur de Greenpeace s'oppose à l'idée de s'impliquer dans la question des baleines. Paul Spong, psychologue néo-zélandais, et Robert Hunter développent donc l'idée de manière indépendante sous l'étiquette de Project Ahab. Puis, suite à la mort d'Irving Stowe, l'un des trois fondateurs du mouvement, en octobre 1974, et à la démission du président Neil Hunter, Greenpeace Foundation cesse virtuellement de fonctionner. Robert Hunter et les autres membres du Project Ahab Committee décide alors de prendre la relève et deviennent le nouveau Greenpeace. Le quartier général du groupe est installé dans un bureau sur la 4ème Avenue Ouest à Vancouver et Robert Hunter en devient le dirigeant.

La stratégie de Greenpeace va alors sensiblement évoluer. C'est à ce moment là que l'on décide d'adopter le spectaculaire zodiak pour harceler les baleiniers japonais et russes. Greenpeace entend dorénavant mettre l'accent sur la couverture médiatique de ses opérations, afin que son témoignage ait le plus de portée possible dans l'opinion publique internationale. Les campagnes de Greenpeace deviennent de plus en plus une affaire de communication publique. Dès 1975, Greenpeace se lance dans sa première expédition contre la chasse à la baleine, qui mènera Greenpeace V de San Francisco à Prince Rupert en Colombie-Britannique. Elle sera suivie d'une seconde expédition en 1976 qui passera de nouveau par San Francisco avant de se rendre sur l'île d'Hawaï. Cette même année, Greenpeace prendra également position contre la chasse au phoque et se lance dans une spectaculaire expédition au nord de Terre-Neuve, au Canada, à grand renfort d'hélicoptères.

Parallèlement, au cours de ces années, l'organisation de Greenpeace se structure et s'internationalise. Toutes ces campagnes ont attiré l'attention du monde entier et la sympathie de nombreux supporters. L'organisation gagne de puissants appuis et voit ses moyens d'action se décupler. L'adhésion de nouveaux membres explose, ce qui ne va pas sans poser de problèmes. En 1977, Hunter est remplacé par Patrick Moore, qui avait fait également partie du premier équipage de Greenpeace. Mais ce changement de direction est ressenti par Greenpeace US et Greenpeace Europe comme une tentative de faire prévaloir le leadership canadien. Finalement, alors que les actions du mouvement se multiplient, le groupe se réorganise pour devenir Greenpeace International. La direction quitte alors les locaux de Vancouver. Depuis cette époque, l'organisation n'est plus centrée au Canada: elle maintient plusieurs sections relativement autonomes à travers le monde, couvrant un champ d'action toujours plus important. Les activités restent toutefois coordonnées par le Greenpeace Council à Amsterdam. Le bureau national de Greenpeace demeura à Vancouver jusqu'à son déménagement à Toronto, en 1987.
Recherche
>

Liens
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Greenpeace Canada


Greenpeace, la multinationale verte
(Archives Radio-Canada)

Encyclopédie de l'Agora

La génération hallucinée
(Archives Radio-Canada; notamment La communauté hippie de l'île de Vancouver)

Dernière mise à jour: 09/27/2007
Communautés francophones de la Colombie-Britannique - 2012