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Fondation David Suzuki
Source: Fondation David-Suzuki


David Suzuki est un généticien, un environnementaliste, un écrivain, un animateur radiophonique et un vulgarisateur canadien. Récipiendaire de nombreux prix canadiens et étrangers, il dirige la Fondation David-Suziki, fondée en 1990.




Parcours d'un canadien japonais d'excellence

David Suzuki s'impose aujourd'hui comme un éminent intellectuel canadien. Quel fut le parcours de l'ombre de cette personnalité canadienne qui brille maintenant sous les feux des projecteurs ?

Né le 24 mars 1936, David Suzuki, canadien japonais de troisième génération, passe les premières années de sa vie à Marpole dans la région métropolitaine de Vancouver où il est élevé dans la tradition japonaise avec ses trois soeurs. Ses parents y tiennent une blanchisserie. Il n'apprend pas le japonais, ses parents parlant anglais à la maison. Tous les week-ends, son père de David emmène son fils pêcher dans les environs. Mais cette belle époque ne va pas durer et, suite à l'éclatement de la guerre américano-japonaise, le gouvernement fédéral annonce que tout les Canado-Japonais de sexe masculin doivent quitter la région côtière de la Colombie-Britannique. La famille Suzuki est tout d'abord internée à Slocan, dans l'intérieur de la Colombie-Britannique et tous leurs biens confisqués ne leur seront jamais restitués. Déjà avant la guerre, les Canadiens japonais étaient victimes de lois discriminatoires. David Suzuki gardera d'amers sentiments à l'égard du pouvoir « blanc ». Mais le jeune Suzuki est également rejeté par ses congénères eux-mêmes puisqu'il ne parle pas japonais. Il en retiendra une certaine méfiance à l'égard des deux groupes.

À la fin de la guerre en 1945, le gouvernement canadien donne le choix aux Canadiens japonais soit de retourner au Japon, soit d'immigrer dans les régions à l'Est des Rocheuses. La famille Suzuki s'installe alors dans un premier temps à Olinda, à côté de Windsor, en Ontario où le père devient ouvrier agricole dans une exploitation de pêche. Pendant ses heures de temps libre, David part avec son vélo pour compléter sa collection d'insectes. Puis, la famille déménage de nouveau à Leaminghton dans la même province, où Monsieur Suzuki travaillera dans une blanchisserie. Le père et le fils recommencent à pêcher ensemble. Après une brillante scolarité au lycée, David Suzuki intègre le Amherst Collège aux États-Unis, dans le Massachusetts, puis à l'université de Chicago où il passe son doctorat en biologie et se spécialise en génétique. David prend également part au mouvement des droits civiques.

Il se marie alors à Joane Sunhara, également canadienne japonaise, avec laquelle il va fonder une famille, et suit sa famille à Oak Ridge dans le Tennessee où il devient chercheur pour les laboratoires du gouvernement américain. David Suzuki n'en continue pas moins de militer dans le milieu associatif et devient le premier membre non afro-américain de la National Association for Colored People. Écoeuré par la ségrégation raciale, il retourne au Canada en 1962. Il continuera d'y militer pour les droits civiques dans la Canadian Civil Liberties Association et dans la Japonese Canadian Association. Il entre alors à l'université de l'Alberta à Edmonton, comme assistant, puis à l'Université de la Colombie-Britannique où il devient professeur titulaire de génétique. C'est ici qu'il fera ses meilleures recherches : il étudiera les mutations génétiques causées par certaines substances chimiques. Mais son implication dans sa vie professionnelle se fait au détriment de sa vie de famille : David Suzuki finit par se séparer de sa femme après la naissance de leur troisième enfant, puis par divorcer.

Malgré cela, la réputation du généticien grandit et David Suzuki s'impose de plus en plus comme l'une des figures les plus respectées de la communauté scientifique. Il dirige désormais une équipe de 20 chercheurs. Il travaille à l'étranger pendant plusieurs années, en France, en Allemagne de l'Ouest, en Russie puis en Californie, à Porto Rico, en Utah et à Toronto. Parallèlement, Suzuki commence à prendre conscience des dangers que comportent les progrès de la génétique. En l'occurrence, ses propres découvertes éveillent l'intérêt des scientifiques de l'armée, qui y trouvent le moyen de créer des armes bactériologiques. La génétique peut également créer des spécimens qui n'ont jamais existé avant, y compris des créatures monstrueuses. Cette prise de conscience passe aussi par le constat que les lacs et les rivières de la Colombie-Britannique de son enfance sont désormais irrémédiablement pollués. Suzuki finit donc par abandonner la plupart de ses recherches. La carrière du scientifique prend alors une toute nouvelle trajectoire : David Suzuki décide de se lancer dans la prévention et la sensibilisation du public sur les dangers de la science.

Il trouve alors un moyen pour donner de la voix au message qu'il veut faire passer : la télévision. Déjà en 1962, David Suzuki avait animé «Your university speaks», émission dirigée par l'Université de l'Alberta sur une chaîne communautaire à Edmonton. Puis en 1969, il avait participé à 4 émissions scientifiques d'une demi-heure sur CBC. Mais 1972 est l'année du véritable départ : CBC alors lance Suzuki on science, un talk showhebdomadaire animé par le chercheur à Vancouver. L'émission donne la parole à de nombreux savants qui viennent parler de leur travail dans leur propre langue. À la fin de la seconde saison, Suzuki on sciencea attiré 250.000 spectateurs. En 1974, David Suzuki démarre deux nouvelles émissions à CBC : une à la radio, Quirks and Quarks, et l'autre à la télévision, Science Magazine, qui est diffusé en période de pointe le dimanche depuis Toronto. Ces émissions attirent un million et demi de spectateurs. David Suzuki a gagné sa réputation en présentant le monde de la science d'une manière ludique et informative. Parallèlement, il se remarie à Tara Cullis, professeur à l'Université de Harvard à Boston, en 1972. Il aura deux nouveaux enfants avec elle.

Le succès de Suzuki suscite des critiques de la part de ses confrères de UBC qui pensent que le talentueux scientifique néglige le laboratoire depuis qu'il se consacre à la télévision. David Suzuki avait alors déjà quitté la blouse de laboratoire pour adopter le style vestimentaire des hippies rencontrés à San Francisco. Dans l'impossibilité de concilier ses deux activités, Suzuki doit quitter l'Université de la Colombie-Britannique. En 1979, sa nouvelle émission, The nature of things with David Suzuki, avec un million de téléspectateurs, fait de l'homme une star internationale. En 1984, l'émission est plus populaire que toutes les autres, qu'elles soient américaines ou canadiennes. Elle est vendue dans 13 différents pays. Avec John Livingstone, environnementaliste de l'Université de York à Toronto et William Whitehead, écrivain pour la télévision , il lance une série télévisée sur les capacités de la Terre à continuer à maintenir la vie , A planet for the Taking.Chacun des 8 épisodes attirent plus de 1.8 million de spectateurs.

Malgré son succès après 20 ans de télévision, David Suzuki constate amèrement qu'il n'a jamais réussi à convaincre le public de l'importance de la science. Il commence à considérer la télévision de plus en plus comme un mauvais outil d'éducation, revenant sur les hautes espérances qu'il lui avait accordées auparavant. Il retourne alors vivre dans la ville de son enfance, à Vancouver, avec sa femme et ses deux enfants. S'il continue à travailler à la télévision, David Suzuki se met à écrire. Depuis 1985, il écrit une chronique hebdomadaire, Science Forum, dans le Toronto Star. À partir de 1987, il change pour The Globe and Mail qui couvre l'ensemble du territoire. Ces articles traitent désormais essentiellement des questions d'environnement et de moins en moins de science. Sa collaboration alors avec le Globe and Mail est ajournée. Il continue d'écrire des syndicated columns. C'est alors que David Suzuki commence à tenir des positions politiques de plus en plus fermes. Il s'oppose entre autres à l'impératif de croissance économique, qui est responsable selon lui de la pollution de la terre. Par ailleurs, son engagement auprès des peuples aborigènes lui vaut d'être fait membre de la tribu Tlowitsis en Colombie-Britannique. Parallèlement, David Suzuki se met à écrire des livres pour des publics jeunes et adultes. En 1990, il est nommé auteur de l'année par la Canadian Booksellers Association.


Bibliographie

Ouvrage en français:

AVec Barbara Hehner, L'environnement, Saint-Lambert, Québec, Héritage, 1991.
L'équilibre sacré: redécouvrir sa place dans la nature, Saint-Laurent, Québec, Fides, 2001.


Ouvrages en anglais:
An introduction to genetic analysis
, New York, W.H. Freeman, 1986.
Avec Hans Blohm, Marjorie Harris, Sciencescape: the nature of Canada, Oxford University Press, 1986.
Metamorphosis: stages in life, Stoddart, 1987.
Inventing the future, Stoddart, 1989.
Avec Peter Knudtson, Genethics: the ethics of engineering life, Stoddart, 1990.
Time to change: essays, Stoddart, 1994.
Avec Keibo Oiwa, The Japan we never knew, Stoddart, 1996.
Earth time: essays, Stoddart, 1998.
The Tree suicase, Somerville House Pub., 1998.
From naked ape to superspecies: a personal perspective on humanity et the global eco-crisis, Stoddart, 1999.
Avec Holly Dressel, Good news for a change, Stoddart, 2002.
The David Suzuki readers: a lifetime of ideas from a leading activist and thinkers, Greystone Books, 2003.
Avec Wayne Grady, Tree: a life story, Greystone Book, 2004.
Recherche
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Liens
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Émissions The Nature of Things (D. Suzuki animateur, Radio-Canada)

CBC - Les Grands Canadiens

Fondation David-Suzuki

Collections numérisées du Canada

L'Ennemi intérieur
(Archives de Radio-Canada, 16 mai 1999)

Articles de D. Suzuki (site de Canoë)

Autres articles (organisme Alternatives)

Série TV Sacred Balance

Entrevues
Entrevue avec The American Scientist

Entrevue avec le magazine Natural Life
(1ère partie)

Entrevue avec le magazine Natural Life (2e partie)

Entrevue sur PBS


Dernière mise à jour: 09/27/2007
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