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Bill Reid
Gaétan Goffi
Le chef du monde sous-marin(1984), sculpture de Bill Reid
à l'entrée de l'aquarium de Vancouver. Photo: G. Goffi


Né en 1920 à Victoria d'un père américain et d'une mère haïda (peuple autochtone du Pacifique Nord), William Ronald Reid découvre ses racines amérindiennes à l'adolescence. Animateur radiophonique à Vancouver, il est engagé par la chaîne anglaise de la Société Radio-Canada à Toronto en 1948; il suit parallèlement des cours d'orfèvrerie au Ryerson Institute of Technology et s'inspire déjà des oeuvres de l'artiste haïda Charles Edenshaw (1839-1920). L'Université de la Colombie-Britannique lui commande en 1958 la construction d'un village haïda d'antan. Il démissionne de la radio et se lance dans sa carrière de joaillier, de constructeur de pirogues, de sculpteur, de graveur, de conteur et de poète. Il décède le 13 mars 1998.

Vie et oeuvre
Un des artistes modernes les plus célèbres au Canada, Bill Reid s'est illustré dans de nombreux genres allant de la scultpure à la sérigraphie en passant par l'orfèvrerie, et sur des matérieux aussi divers que le bronze, le cèdre ou le papier. Son grand-père, Charles Gladstone, était un des derniers représentants de l'art haïda. Vivant à Skidegate dans les Iles-de-la-Reine-Charlotte, il avait suivi l'enseignement de Charles Edenshaw, autre artiste haïda. C'est là que Bill Reid entrera en contact avec ses racines amérindiennes, occultées après que sa mère eut épousé un homme de sang écossais et allemand. Skidegate est encore aujourd'hui, avec Old Massett, une des deux collectivités haïda florissantes.

Il gagne sa vie comme annonceur radiophonique à Vancouver. Transféré à Toronto en 1948, il s'y inscrit au Ryerson Technical Institute pour y consolider une formation technique et artistique.

De retour en Colombie-Britanique dans les années 1950, il participe à plusieurs projets culturels, notamment à la sauvegarde de totems à Haida Gwaii, que l'on retrouvera ultérieurement dans des musées de la province, et la reconstitution, en 1958, d'un village haïda pour le compte du Musée d'anthropologie de l'Université de la Colombie-Britannique.

Bill Reid a signé trois oeuvres majeures, même si on en retrouve de nombreuses autres dans différents musées et collections canadiens et étrangers :
— Spirit of Haida Gwaii, une sculpture en bronze représentant un canoë haïda avec un ours, un corbeau, un aigle, une grenouille, un homme et d'autres créatures commandée par l'Ambassade du Canada à Washington en 1990 (dont une copie se trouve à l'aéroport international de Vancouver).
— Lord of the Under Sea, une sculpture en bronze commandée par l'Aquarium de Vancouver en 1984
— Raven and the First Men, sculpture commandée par l'Université de la Colombie-Britannique en 1980.

Bill Reid s'est vu remettre plusieurs doctorats honoris causa des universités suivantes : Trent, Western, Victoria, Toronto, York et Colombie-Britannique. Il a également remporté de nombreux prix dont le prix Molson du Conseil des arts du Canada (en 1976) et le prix de la Banque Royale du Canada pour une carrière canadienne exceptionnelle (en 1990). Il a reçu l'Ordre de la Colombie-Britannique et l'Ordre du Canada.

Bill Reid est décédé à Vancouver le 13 mars 1998 des longues suites de la maladie de Parkinson. De nombreux jeunes artistes haïda lui doivent d'avoir ressuscité une culture ancestrale menacée d'extinction et de la variole, puisque des quelque 10 000 haïdas vivants au XIXe siècle, il n'en restait plus qu'une poignée au début du siècle suivant.


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Bill Reid, vu par Claude Lévi-Strauss
«De tous les arts dont subsiste le témoignage, celui des Indiens de la côte nord-ouest est certainement l'un des plus grands. Mais, alors que les statuaires égyptienne, mésopotamienne et grecque, celle de la Chine des Song et celle du moyen-âge européen ont irrémédiablement disparu avec les hommes dont elles alimentaient le rêves, nous devons à Bill Reid, artiste incomparable, d'avoir entretenu et ranimé une flamme près de s'éteindre. Ce n'est pas tout; car Bill Reid a suscité par son exemple et par ses enseignements une prodigieuse floraison artistique, dont les dessinateurs, les sculpteurs et les orfèvres indiens de la Colombie britannique offrent aujourd'hui le spectacle à nos yeux émerveillés.»

Claude Lévi-Strauss, cité dans le catalogue de Bill Reid: A Retrospective Exhibition, Vancouver Art Gallery, 1974. Citation reprise sur le site du Musée canadien des civilisations.
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Liens
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Fondation Bill Reid (en anglais)

Archives de Radio-Canada


Site officiel de l'assemblée législative

CBC Archives


Native Online

Artcyclopedia

Encyclopédie canadienne


Autres liens intéressants:
Les Haïdes et les esprits de la mer (Musée virutel du Canada)

Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada

Musée d'anthropologie de UBC (site anglais)



« On ne pourra jamais comprendre l'art, il faut le regarder comme une forme de magie — de toutes les activités humaines la plus profonde et la plus mystérieuse. Cette magie, cette profondeur, ce mystère atteignent leur point le plus extrème dans l'art de Côte Nord-Ouest, expression unique d'un peuple sans écriture, ne ressemblant à aucun autre art, sinon peut-être à la calligraphie dans ses formes les plus sophistiquées.»

Bill Reid, cité dans Silent Speakers: The Arts of the Northwest Coast, par Martine J. Reid. The Spirit Sings. Artistic Traditions of Canada's First People. McClelland and Stewart, Glenbow Museum, 1988.




« La culture haïda a été ravagée. La langue des Haïdas a disparu. Leur mythologie a disparu. La généalogie des grandes familles a sombré dans l'oubli. Pour que les Haïdas parviennent à réintégrer le monde des hommes cultivés, ils doivent commencer par le commencement. »

Traduction libre, d'après Bill Reid, cité dans Richard Wright, «The Spirit of Haida Gwaii : La renaissance de l'art haïda», Enroute, mars 1991, p.90.

Dernière mise à jour: 09/27/2007
Communautés francophones de la Colombie-Britannique - 2012